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Gardons-nous la barre haute en éducation? Pas juste face à nos attentes envers les élèves. Il faut creuser plus loin que ça. Il faut questionner plus loin que ça. Notre intention d’offrir une éducation de qualité est bonne, même noble, et ce n’est que rarement que je rencontre un pédagogue pour qui «garder la barre élevée», bien, qu’il ou elle s’en fiche.

J’ai souvent le privilège d’être témoin des écoles dans lesquelles les élèves et le personnel font preuve d’innovation, d’inspiration, de collaboration, et en particulier, d’une transformation des pratiques pédagogiques et de l’expérience d’apprentissage. Alors comment en arrivent-ils à cette transformation? Que font-ils pour se motiver?

Dans ces écoles, il est clair que les attentes sont élevées, mais pas seulement envers les élèves. La barre est haute pour le personnel aussi. Résultat? Pour celles et ceux qui décident de passer à l’action et se surpasser, ça peut mener à une pédagogie transformée, à une expérience d’apprentissage extraordinaire pour les élèves. Hausse de motivation pour tous, création d’un environnement d’apprentissage sécuritaire dans lequel les élèves ont une voix et apprennent de vraies choses: le prof est le guide, les élèves sont les explorateurs. L’élève qui dit: «L’année prochaine, je veux être dans SA classe! Mes amis aiment aller dans son cours, car ce n’est pas traditionnel». Ou même «Cette école, elle est vraiment bonne. Les profs sont à l’écoute des élèves. Les élèves sont heureux, et le personnel est heureux! De l’innovation, il n’en manque pas. Je veux m’inscrire !»

Qui ne voudrait pas entendre ceci? Qui ne voudrait pas être le fier titulaire de ce cours, ou membre du personnel de cette école?

Voir d’un différent angle

Le billet de Marc-André Girard parle des «profs qui dérangent». Malheureusement, le phénomène existe dans nos écoles: on tente de rabaisser la barre d’un autre pour ne pas être obligé d’élever la nôtre. C’est triste pour le prof, et encore plus pour les élèves. Je crois sincèrement que cette attitude est en voie d’extinction, et ce, grâce au dévouement de notre personnel scolaire, à la collaboration et le réseautage, à une ouverture d’esprit de plus en plus grande, et à une prise de conscience de son « état des lieux » professionnel.

Avez-vous déjà été témoins (ou auteurs) des énoncés suivants lors de conversations dans vos écoles?

  • Les résultats aux épreuves provinciales sont bas, cependant nos élèves réussissent bien dans leurs cours (notes aux bulletins)!
  • Le développement des habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail devraient être un objectif prioritaire! Nos élèves ne sont pas organisés ni autonomes. Il faut faire quelque chose!
  • Nous avons l’impression que notre niveau 3, c’est comme un niveau 2 au ministère;
  • Les élèves sont capables de tellement plus!

Que pouvons-nous faire avec nos élèves pour changer ces tendances? C’est souvent la première question qui nous vient en tête. C’est naturel de penser comme ça! Nous sommes là pour guider les élèves, pour les aider à bien réussir, pour qu’ils aient la barre haute.

Mais une minute.

Permettez-moi de vous proposer de porter une différente paire de lunettes. Reprenons les quatre énoncés ici hauts, mais cette fois en se posant la question suivante: «Que pouvons-nous faire comme personnel scolaire afin de guider les élèves et changer ensemble ces tendances? » Réponse: haussons la barre!

Rendre à César ce qui est à César

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La question dans ce visuel me fait penser à l’expression renommée: « Rendre à César ce qui est à César ». Garder la barre haute, c’est un choix que nous devons tous faire individuellement. C’est une responsabilité qui nous revient, et non pas à notre employeur, à nos élèves, à nos parents, ni à nos collègues.

Garder la barre haute, ça requiert un investissement de temps et d’effort. Je crois que ça requiert aussi un plan. Non pas un plan qui est long et compliqué, mais un plan ayant une cible à atteindre et des actions pour s’y rendre dans un certain délai de temps. Et une fois que nous atteignons la cible, il y en a une ou deux autres qui se sont ajoutées pour la prochaine étape. C’est le cycle d’apprentissage professionnel : continu, en évolution, et jamais statique. La beauté, c’est que nous pouvons vivre le cycle à notre façon, le personnaliser pour répondre à nos besoins individuels de croissance. Tout est possible grâce à l’internet et au réseautage. Il s’agit d’en faire une priorité. N’oublions pas la citation d’Albert Einstein qui dit: «Once you stop learning, you start dying».

Passion

Garder la barre haute, ça prend de la passion. Comme l’a si bien dit Pierre Gagnon (@P_gagnon) lors de la session Ignite au colloque Clair 2017 «Parce que les passionnés ne travaillent pas, ils vivent». Et vivre sans passion, bien est-ce vraiment vivre? Chose certaine, enseigner = vivre.

La passion, c’est le carburateur. C’est ce qui donne un sens humain à nos actions. C’est le système nerveux de la pédagogie. Sans passion, comment pouvons-nous être innovateurs et inspirants? Comment pouvons-nous être motivés à vouloir nous perfectionner davantage?

Je vous invite à visionner et à partager ce TED-Ed Talk de Richard St-John intitulé The Power Of PassionCe sont sept minutes bien investies!

Trouvez votre passion, et le reste tombera en place.

Réseautage

Garder la barre haute, ça ne se fait pas seul. Je n’ai pas à faire valoir la puissance du réseautage. Comme le dit si bien le dicton anglais: « The proof is in the pudding ».

Il y a différentes façons de se réseauter. Il y a les médias sociaux (Twitter, FaceBook, Instagram, Pinterest, LinkedIn, etc.), mais nous avons aussi accès à nos collègues avec qui nous travaillons. Collaborer, jaser, s’appuyer, et réfléchir ensemble sont des activités qui aident à bâtir notre capacité, et contribuent à développer des relations professionnelles saines. Qui sait? Vous allez peut-être découvrir votre passion à l’aide de votre réseau d’apprentissage professionnel. Avez-vous un compte Twitter? Cherchez-vous à faire grandir votre réseau? Voici une liste d’édutweeteurs, et je vous invite d’ajouter votre nom!

Auto formation

Garder la barre haute, c’est être apprenant à vie. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que notre employeur puisse répondre à tous nos besoins de formation. C’est d’ailleurs impossible à mon avis pour un conseil scolaire. Ça nous revient d’aller chercher ce dont nous avons besoin en matière de formation. Tout est possible et à la portée de nos doigts grâce à internet: c’est nous qui décidons le quoi, le comment, et le quand. De l’apprentissage sur mesure, qui répond à nos besoins individuels, et disponible en tout temps pour que nous puissions apprendre lorsque nous sommes disposés à le faire. Super! Avez-vous déjà consulté YouTube afin d’apprendre comment réparer quelque chose, faire fonctionner un appareil, ou même lire les commentaires sur Trip Advisor afin de vous aider à choisir votre prochaine destination? Voilà des exemples d’auto formation.

Facultés d’éducation

Garder la barre haute, c’est une philosophie en éducation qui doit être réfléchie et développée chez un individu avant même de mettre les pieds dans une salle de classe. Dans les programmes de formation initiale à l’enseignement, nous devons exiger le plus haut des standards en matière de préparation à une carrière en enseignement. Le futur en dépend.

Dans nos actions, nous devons faire les liens avec les réalités du milieu scolaire actuel. Nous devons être intentionnels à ce sujet, car c’est un levier important pour développer cette philosophie: elle ne doit pas être seulement ancrée dans les théories, mais la pratique (réalité) aussi. Est-ce que le développement d’un réseau d’apprentissage professionnel est une exigence? Demandons-nous aux étudiants de participer (ou même créer) à des causeries sur Twitter portant sur des questions et des actualités en éducation? Parlons-nous de pensée critique, ou de mentalité de croissance? Invitons-nous des enseignants et des directions d’école, les gens sur le terrain, à participer à ces discussions avec les étudiants? Je ne prétends aucunement dire ici que les facultés ne font pas ceci actuellement. Mon intention est de tout simplement discuter de quelques éléments qui sont, selon moi, primordiaux à la formation initiale à l’enseignement.

Processus d’embauche

Garder la barre haute, c’est une disposition que doivent démontrer les gens qui postulent pour des postes. Le processus d’embauche devrait être une occasion idéale pour assurer la qualité du personnel enseignant ou du personnel à la direction dans les écoles d’un conseil scolaire.

Lors des entrevues, quels genres de questions posons-nous aux candidates et candidats? Est-ce des questions qui font appel à la pensée critique? À quelle fréquence révisons-nous les questions? Devraient-elles être personnalisées selon les réalités et le profil de l’école dans laquelle la personne choisie va oeuvrer? Voici quelques questions que je trouve très inspirantes:

  • Comment avez-vous cheminé à devenir une meilleure personne et comment voulez-vous continuer à grandir?
  • Pourquoi votre travail et votre présence sont-ils importants?
  • Comment comptez-vous contribuer au-delà de vous-même?
  • Qu’est-ce qui vous passionne?
  • Comment pouvez-vous catalyser la passion chez les autres?

Voici un article publié le 10 janvier 2017 dans lequel l’auteur partage des statistiques intéressantes au niveau du processus d’embauche. J’aimerais aussi partager cet article fort intéressant intitulé The 7 questions every new teacher should be able to answer. L’auteur propose des questions très intéressantes et qui pourraient servir comme inspiration si vous désirez améliorer votre processus d’embauche. En passant, j’aime beaucoup l’idée de présenter un portfolio numérique professionnel lors d’une entrevue.

Et vous, comment gardez-vous votre barre haute?

 

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